22 avr.-1 juil. 2019 Paris (France)

Axe 1. Chercheurs associés : sujets divers proposés par les départements > Musique

Cf. aussi le thème : Technologie (image et son)

NB : les étudiants des cycles supérieurs d’enseignement de la musique, dans le cadre de conservatoires, académies ou universités, ou les musiciens en activité ayant suivi l’un de ces cycles, intéressés par un travail sur les collections musicales de la BnF, peuvent recevoir le titre de « musicien chercheur associé » tel que décrit dans le Règlement de l’appel à chercheurs de la BnF.

 

24. Genres et répertoires musicaux à travers le dépôt légal du XIXe siècle

Le Département de la musique conserve la musique imprimée reçue au dépôt légal tant à la Bibliothèque nationale qu’au Conservatoire, ainsi que les registres du dépôt légal de la musique imprimée depuis 1811 et un important fonds de catalogues d’éditeurs. À partir de la fin du XIXe siècle, le fonds musical de la Bibliothèque nationale a été recoté en séries correspondant chacune peu ou prou à un genre musical (VM1 à VM8 : par exemple, VM1 = musique religieuse, VM2 = opéras français, etc.) ou à un effectif (VM9 à VM28 : par exemple, VM11 = musique pour orgue, VM17 = trios, VM27 = musique militaire, etc.), ce qui facilite leur repérage.

Pistes de recherche :

  • étude de la production éditoriale dans un genre ou pour un effectif donné tout au long du XIXe siècle (prolongement possible jusqu’en 1914) ; auteurs édités, éditeurs impliqués ;
  • qu’est-ce qui échappe au dépôt légal dans le répertoire considéré (comparaisons entre les fonds et les catalogues d’éditeurs) ;
  • réception des œuvres éditées (annonces dans la presse, recensions de concerts : cf. le Répertoire international de la presse musicale et Gallica) ;
  • passerelles entre certains répertoires, par exemple VM26 (musique pour orchestre) et les différentes subdivisions de VM12 (piano).

À partir du corpus défini par le chercheur, ce projet pourrait contribuer à améliorer le signalement et l’indexation de ces œuvres dans le catalogue général de la BnF, où elles sont souvent décrites de façon très sommaire. On peut naturellement envisager une valorisation sous forme de concerts, colloques ou journées d’étude, etc.

S’il portait sur la série VM27 (musique militaire), ce projet pourrait de plus s’inscrire dans l’inventaire du patrimoine musical militaire français lancé en octobre dernier par le Commandement des musiques de l’Armée de Terre.

Contact : Mathias Auclair, directeur du Département de la musique

Mél : mathias.auclair@bnf.fr

 

25. Alphonse Leduc, constitution et développement d'une grande maison d'édition musicale française

De sa création en 1841 à 2015, année où elle est rachetée par Music Sales Group, les éditions Alphonse Leduc ont su mener une stratégie entrepreneuriale et artistique qui les ont conduites des méthodes de saxophone et de clarinette de la fin du XIXe siècle, toujours vendues, aux 1 500 compositeurs qui forment son catalogue quelques cinq générations plus tard. Relations avec les auteurs, achats de catalogue, accords de représentation avec des éditeurs étrangers ou d'association avec des éditeurs français, construisent peu à peu une maison d'édition majeure du secteur de la musique savante qui saura attirer ou acquérir les noms les plus prestigieux de la musique française : Gounod, dès le XIXe s., plus tard Honegger, Martinu, Messiaen… et, par rachat, César Franck, Francis Poulenc, Darius Milhaud, André Jolivet et ce jusqu'à Pierre Boulez (acquisition des éditions Heugel en 1980).

Volumétrie : exploitation de trois ensembles

  • les archives déposées par la maison Alphonse Leduc (1873-2015), plus de 40 mètres-linéaires ;
  • les catalogues d'éditeurs récemment traités (1847-2011) soit 795 catalogues ;
  • le dépôt légal lui-même et en particulier ses registres d'entrées (17 000 références à ce nom dans BnF catalogue général).

Pistes de recherche :

  • histoire d'une entreprise éditoriale à partir de sources peu ou pas explorées ;
  • relations entre éditeurs et compositeurs ;
  • génétique des éditions ;
  • évolution de la pédagogie musicale.

Contact : Mathias Auclair, directeur du Département de la musique

Mél : mathias.auclair@bnf.fr

 

26. La mode et l’Opéra de Paris

À partir de la fin du XIXe siècle paraissent les premiers périodiques illustrés de théâtre tandis que les programmes de l’Opéra s'enrichissent de publicités, notamment pour des maisons de couture et pour des parfumeurs. Tout au long du XIXe siècle, les couturiers jouent un rôle important dans le renouveau du costume de danse et d’opéra.

Volumétrie : la bibliothèque-musée de l’Opéra conserve l’ensemble de la documentation (revues, programmes, maquettes de costumes) permettant d'écrire l’histoire des relations riches et complexes qui unissent la mode et l’Opéra de Paris. Il est difficile d’en donner une volumétrie précise.

Pistes de recherches : le sujet de recherche peut-être appréhendé de manière globale ou de manière plus circonscrite, par exemple sur la publicité dans les programmes de l’Opéra pendant la Belle Époque.

Contact : Mathias Auclair, directeur du Département de la musique

Mél : mathias.auclair@bnf.fr

 

27. Les échanges culturels musicaux dans l’entre-deux-guerres à travers les archives de l’Association française d’action artistique (AFAA) (1922-1946)

Créée en 1922 sous le double parrainage des ministères de l’Instruction publique (direction des Beaux-Arts) et des Affaires étrangères, l’Association française d'expansion artistique, future AFAA, a pour objet le développement d’échanges artistiques internationaux et la diffusion de la culture française à l’étranger. Reconnue d’utilité publique dès 1923, elle a soutenu nombre de projets artistiques à l’étranger, notamment dans le domaine de la musique et de la danse, dans le but politique de développer le rayonnement de la France à l’étranger.

Le Département de la musique conserve un très riche fonds documentaire produit par cette association, dénommé fonds Montpensier. Organisé par pays puis par domaine d’activité (chorégraphies et compagnies de ballet, artistes lyriques, compositeurs, virtuoses, critiques musicaux, formations instrumentales, villes, etc.), ce fonds est principalement constitué de dossiers de presse, accompagnés le plus souvent de notices biographiques et parfois de courriers adressés à Robert Brussel, fondateur et directeur de l'AFAA de 1922 à 1938. Ce fonds est cependant encore insuffisamment connu des chercheurs : si la correspondance est bien signalée dans le catalogue général, la partie documentaire, d'une grande richesse, tant au niveau des acteurs français qu’internationaux, n'est signalée nulle part.

La dimension politique de cette association, qui transforme un écosystème culturel jusqu’alors tributaire exclusivement de capitaux privés en outil de gouvernement sinon de propagande, est par ailleurs méconnue. Ce qui amène à s’interroger sur la manière dont cette volonté nouvelle marque le domaine la collecte d’information et les choix effectués, et comment elle évolue au cours de la période en fonction du contexte national et international.

L’étude s’attachera dans un premier temps à dresser un inventaire complet du fonds, dont une partie seulement est décrite dans des répertoires papiers accessibles en banque de salle, en définissant les niveaux d’inventaires les plus appropriés aux différentes parties du fonds. Objectif : mise en ligne d’un instrument de recherche complet dans le catalogue BnF archives et manuscrits.

Dans un deuxième temps, une étude du fonds (pays représentés ou non, choix des auteurs et œuvres mis en valeur en France, œuvres d'artistes français promues à l’étranger…) devrait permettre une analyse distanciée et critique des choix effectués et donc de la politique mise en œuvre à cette période et ses variations dans le contexte international de l'entre-deux guerres.

Cette étude pourra également s'appuyer sur celle du fonds Robert Brussel à l’IMEC, et sur les archives afférentes des deux organismes de tutelle pour la période concernée.

Contact : Mathias Auclair, directeur du Département de la musique

Mél : mathias.auclair@bnf.fr

 

28. Cinquante ans de renouveau de la musique baroque à travers les archives d'interprètes et de musicologues

La musique baroque a connu au cours des cinquante dernières années une véritable renaissance. Initié et révélé au grand public par de grandes figures telles que Nikolaus Harnoncourt ou James Anthony, ce formidable mouvement, lointain héritier de la renaissance humaniste des XVe et XVIe siècle dans le domaine des lettres et arts, s'est appuyé sur une relecture des sources musicales, théoriques et organologiques. Depuis les fameuses Rencontres de Wégimont en 1957, puis la création du Centre de musique baroque de Versailles (1987), d'innombrables publications, exécutions en concert et enregistrements, colloques et séminaires ont vu le jour, soutenus par des institutions publiques et privées, nationales et internationales.

Cette recherche à la fois esthétique et historique s'est largement appuyée sur les très riches collections conservées au Département de la musique. Elle est aujourd'hui visible à travers plusieurs fonds d'archives conservés dans ce même département : fonds d’interprètes (Huguette Dreyfus, Claude Crussard) ou archives de musicologues (Marcelle Benoît, Nanny Bridgmann, Denise Launay, André Pirro, Yvonne Rokseth, etc.). Qu'elles aient intégré les collections il y a plusieurs années ou pour certaines très récemment, ces archives produites par deux générations de musiciens ou de chercheurs permettent aujourd'hui par une lecture distanciée de connaître et d’évaluer les choix scientifiques et esthétiques, les méthodes d'élaboration et de transmission des savoirs mis en œuvre par les différents acteurs. Cet examen critique s'inscrit dans un mouvement plus général d'interrogation sur les perspectives offertes aujourd'hui par la recherche dans le domaine de la musique baroque, avec le colloque organisé en juin 2018 par le laboratoire IReMus.

Pistes de recherche :

  • méthodologie et histoire d'un retour aux sources : éditer, interpréter la musique baroque ;
  • la recherche au sein des organismes internationaux, l'aventure du RISM et le rôle de la France ;
  • impact sur la bibliothéconomie ;
  • impact sur la création contemporaine ;
  • impact sur l'enseignement de l'interprétation ;
  • les grandes figures féminines et le rôle des femmes dans le renouveau de la musique baroque : de Wégimont (1957) à Paris (2018) en passant par Antony, soixante années de réflexion et d'interrogation autour de la musique baroque.

Outre le recensement des archives disponibles et l'aide à leur publication dans le catalogue BnF archives et manuscrits, le chercheur pourra, en lien avec le laboratoire IREMUS, proposer et mettre en place des manifestations : organisation de journées d'études et de concerts à la BnF en lien avec les partenaires naturels (CNMDP, CMBV, Fondation Royaumont, etc.).

Contact : Mathias Auclair, directeur du Département de la musique

Mél : mathias.auclair@bnf.fr

 

29. Le fonds Georges Migot

À l’occasion des quarante ans de la disparition du compositeur Georges Migot (1891-1976), le Département de la musique souhaite mettre en valeur l’important fonds d’archives concernant l’œuvre musicale et littéraire de Georges Migot. Ce fonds, entré au Département de la musique grâce à la générosité de plusieurs donateurs, est constitué de manuscrits musicaux, textes, notes de cours, articles de presse, conférences, dossiers thématiques, programmes de concerts, ainsi que d’une très importante correspondance avec tous les acteurs de la vie musicale. Cet ensemble vient éclairer l’œuvre du musicien, sa carrière, mais aussi ses activités d’auteur et de musicographe.

Georges Migot a suivi les classes d’enseignement au Conservatoire de Paris à partir de 1913 dans plusieurs disciplines : harmonie et contrepoint, composition, histoire de la musique, orchestre et orgue. Il reçoit également les conseils de Nadia Boulanger. De nombreux prix viennent couronner ses études et ses œuvres sont régulièrement jouées au concert, en France et à l’étranger. Précurseur dans bien des domaines, notamment dans l’attention qu’il porte aux influences extrême-orientales, Georges Migot se trouve au carrefour de courants esthétiques qui ont irrigué tout le XXe siècle. Le catalogue de son œuvre est impressionnant, tant par sa volumétrie que par sa richesse et sa diversité. Mais le champ d’activités couvert par Georges Migot est plus vaste encore car il est également peintre et auteur de nombreux textes poétiques, philosophiques, théoriques ou esthétiques.

Volumétrie : 223 manuscrits musicaux décrits dans le catalogue général, 8 mètres linéaires d’archives dont l’inventaire sommaire reste à détailler.

Pistes de recherches : la génétique des textes et leurs liens avec l’œuvre musicale constitue un champ d’études encore vierge. Une étude détaillée de ce fonds d’archives dans son ensemble en permettrait la valorisation immédiate par la sélection d’une soixantaine de pièces, présentées dans les vitrines de la salle de lecture du Département de la musique, en hommage au compositeur.

Contact : Mathias Auclair, directeur du Département de la musique,

Mél : mathias.auclair@bnf.fr

 

30. Inventaire des fonds de musiques arabe et maghrébine enregistrées

Les fonds sonores du Département son, vidéo et multimédias offrent l’une des collections institutionnelles de musiques arabe et maghrébine enregistrées probablement parmi les plus importantes au monde avec plusieurs milliers de références. Enrichie par le dépôt légal (depuis 1938), par des dons et des acquisitions, cette collection couvre tout le XXe siècle et se poursuit jusqu’à nos jours.

Fruit des rapports complexes qu’entretient la France avec les pays du Maghreb notamment, cette collection témoigne de l’histoire de l’édition phonographique (les catalogues Pathé d’Afrique du Nord…), de l’évolution des répertoires (des monologues comiques du début du XXe siècle au raï), mais aussi des mouvements historiques, culturels et sociaux qui la traversent (histoire coloniale, histoire de l’immigration).

Pistes de recherche : le travail s’attachera à identifier les marques phonographiques ayant œuvré dans ce secteur éditorial, comme Pathé (Pathé, Pathé Marconi, EMI…), Gramophone, Baidaphon, Cairophon, etc., et à ordonner en un inventaire raisonné les références de musiques arabe et maghrébine présentes dans leur catalogue. En parallèle, l’établissement d’un index des interprètes permettra d’enrichir le fichier de notices d’autorité de la BnF. Au sein des collections de la BnF, l’approche devra croiser plusieurs sources :

  • les catalogues des marques phonographiques, lorsqu’ils existent ;
  • les disques eux-mêmes ;
  • les sources bibliographiques disponibles.

Compétence exigée : maîtrise de la langue arabe impérative.

Contact : Pascale Issartel, directrice du Département son, vidéo et multimédias

Mél : pascale.issartel@bnf.fr

Référent scientifique : Pascal Cordereix, chef du service son

Mél : pascal.codereix@bnf.fr

 

31. Les sources discographiques de la scène punk française depuis 1976

Scène musicale révélatrice de l’évolution des genres musicaux comme de celle de la société française, le mouvement punk a durablement marqué l’esthétique rock en France. La production phonographique qui en résulte a été en très large partie déposée à la BnF au titre du dépôt légal.

Le projet de recherche consiste donc à faire un état des lieux de ces collections du dépôt légal, en en relevant les points forts mais en pointant également leurs manques inévitables. Il s’appuiera d’une part sur les entretiens avec des producteurs phonographiques réalisés par le Département son, vidéo et multimédias consultables en ligne (https://gallica.bnf.fr/html/und/enregistrements-sonores/rencontres-autour-de-ledition-phonographique), d’autre part sur les travaux du projet de recherche PIND (Punk is not dead ! Une histoire de la scène punk en France depuis 1976 : https://pind.hypotheses.org/1), en resserrant son propos sur la composante discographique telle qu’elle apparaît à travers les collections du dépôt légal.

Prérequis : excellente connaissance de l’histoire récente de l’édition phonographique.

Contact : Pascale Issartel, directrice du Département son, vidéo et multimédias

Mél : pascale.issartel@bnf.fr

Référent scientifique : Pascal Cordereix, chef du service son

Mél : pascal.codereix@bnf.fr

 

32. Inventaire raisonné des rouleaux de piano mécanique

Le rouleau de piano mécanique est un rouleau de papier perforé mécaniquement sur lequel est enregistré un morceau de musique destiné à être joué par un piano mécanique. Ce procédé connaît un grand succès dans la première moitié du XXe siècle, au point que des grands compositeurs (Ravel, Stravinsky…) interprètent leurs œuvres sur rouleaux. Plusieurs marques dominent alors le marché : Duo-Art, Welt-Mignon…

Le Département son, vidéo et multimédias conserve une importante collection de plus de 1 500 rouleaux de piano mécanique, dont 650 sont issus de la collection de Jean Touzelet, mélomane, collectionneur, discographe, spécialiste de la musique française des années 1880 à 1930, particulièrement de Maurice Ravel. On relève dans cette collection d’authentiques raretés, comme l’intégrale des enregistrements d’œuvres de Maurice Ravel ou d’Albert Roussel, ou encore des rouleaux de piano mécanique de jazz ou de compositeurs comme George Gershwin, Darius Milhaud, Maurice Jaubert…

Cette collection n’a pas encore fait l’objet d’un traitement documentaire. L’objet de la recherche consistera donc :

  • d’une part, à faire un inventaire raisonné de cette collection (identification des marques, références, compositeurs, interprètes, date de publication…) ;
  • d’autre part, à mener une investigation sur les possibilités de numérisation de ce fonds, en s’intéressant notamment aux expériences menées sur le sujet à l’étranger.

Prérequis : bonne connaissance des répertoires musicaux concernés ; intérêt pour le procédé du piano mécanique.

Contact : Pascale Issartel, directrice du Département son, vidéo et multimédias

Mél : pascale.issartel@bnf.fr

Référent scientifique : Pascal Cordereix, chef du service son

Mél : pascal.codereix@bnf.fr

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