22 avr.-1 juil. 2019 Paris (France)

Axe 2. Bourse Louis Roederer pour la photographie

Soutenue par la Fondation Louis Roederer                                                                      roederer

Le sujet proposé pour l'obtention de la bourse de recherche Fondation Louis Roederer doit porter sur la photographie et peut toucher à tous ses aspects, aussi bien historiques que techniques, artistiques ou encore sociologiques. L’approche peut se faire par auteur ou groupes d’auteurs, par genre ou domaine d’application, par procédé technique, par corpus ou fonds, par mode ou support de diffusion, etc. Les approches qui relient la photographie à d’autres modes d’expression sont également appréciées.

Les problématiques doivent s’appliquer de façon privilégiée aux collections conservées dans les différents départements de la BnF : non seulement bien entendu le Département des estampes et de la photographie mais également les Départements des cartes et plans (fonds de la société de géographie), des arts du spectacle, de la musique, des manuscrits, etc.

Le Département des estampes et de la photographie propose ici à titre d’exemple quatre sujets qui pourraient être traités par un candidat. Les candidats à la Bourse de la Fondation Louis Roederer sont libres de proposer tout autre sujet de recherche relevant de cet axe.

 

1. Fonds d'archives de Jacques-Henri Lartigue

En 2017, un important fonds d'archives de Jacques-Henri Lartigue est entré, par donation, au Département des estampes et de la photographie de la BnF. Cet ensemble comporte un grand nombre de correspondances amicales et familiales du photographe, d'échanges avec des acteurs des mondes de la photographie, de la peinture ou de la littérature et autour de projets d'expositions, de publications et de films, ainsi que le journal tenu par le photographe et du matériel varié témoignant de ses activités et pratiques au quotidien.

Un premier inventaire détaillé de ces archives avait été produit avant donation mais l'accueil de ce fonds dans les collections du département exige d'éventuels reclassement et reconditionnement des pièces ainsi qu'une mise en forme des informations pour leur intégration au catalogue général de la BnF. Une fois traité, ce fonds pourra donner lieu à diverses valorisations, articles et thèmes d'étude.

Contact : Sylvie Aubenas, directrice du Département des estampes et de la photographie

Mél : sylvie.aubenas@bnf.fr

 

2. De la couleur dans les collections photographiques de la BnF

Si les collections photographiques du XXe siècle conservées au Département des estampes et de la photographie présentent une très nette dominante de noir et blanc, ces collections comportent cependant des ensembles de photographies en couleur, de nature (polaroïds, tirages Fresson, chromogènes...) et d'auteurs variés. Depuis l'adoption plus systématique de la couleur dans le champ de la photographie d'art au tournant des années 1970, les épreuves en couleur sont classées, par nom de photographe, au milieu des collections en noir et blanc. Elles demanderaient aujourd'hui à être repérées, identifiées (technique employée) et décrites en tant que telles dans le catalogue de la BnF. Le recensement de cette collection photographique en couleur devrait s'accompagner de l'étude historique de sa progressive constitution – parallèle à l'évolution de sa perception dans le monde des arts ? – ainsi que des questions spécifiques soulevées par ses particularités techniques et formelles. L'analyse des archives du conservateur en charge de la photographie contemporaine entre les années 1970 et 1990 devrait mettre en lumière les contacts et les réseaux impliqués dans la collecte de ces épreuves en couleur, ainsi que les problématiques propres à leur accueil, à leur conservation, à leur reproduction ou à leur valorisation. Les informations ainsi collectées seraient à même d'apporter un éclairage en creux sur les collections photographiques en noir et blanc de la BnF, qui seront mises à l'honneur par une exposition au Grand Palais au printemps 2020.

Attention : prévoir de nombreuses manutentions (sorties de boîtes en magasin) pour le repérage des œuvres en couleur.

Contact : Sylvie Aubenas, directrice du Département des estampes et de la photographie

Mél : sylvie.aubenas@bnf.fr

 

3. Fonds Yvette Troispoux : identification des acteurs du monde de la photographie en France (1970-2000)

Photographe amateur, membre du Club photographique de Paris, les 30x40, Yvette Troispoux a été un témoin important de la vie photographique française du dernier tiers du XXe siècle : elle en a très assidûment photographié les lieux, les événements et les acteurs, laissant un inestimable témoignage sur l'activité des premières galeries françaises de photographie, les débuts de la Galerie du Château d'eau à Toulouse ou encore la naissance des Rencontres d'Arles.

En 2010-2011, le fonds de la photographe a fait l'objet, dans le cadre d'une bourse Louis Roederer, d'un inventaire et d'un classement de ses différentes composantes (tirages, planches-contacts, négatifs). Ce premier travail a notamment rendu possible l'accès au contenu de cet important ensemble de photographies ainsi que l'édition de l'ouvrage Mademoiselle Yvette Troispoux, photographe de Céline Gautier et Aurélie Aujard aux éditions Contrejour en 2012. Toutefois, pour être exploitable au mieux par les chercheurs et notamment les historiens de la photographie et de ses structures d'accueil et de valorisation dans les années 1970 à 2000, le contenu de ce fonds photographique demande désormais à être plus finement identifié et indexé. En effet, si les lieux et les événements sont référencés, les photographes et acteurs du monde photographique présents sur les images ne sont pas systématiquement identifiés. Pour affiner la description du fonds et faciliter son utilisation, un travail s'impose de recoupement des sources ainsi que de collecte relativement urgente d'informations auprès de derniers témoins de l'époque.

Contact : Sylvie Aubenas, directrice du Département des estampes et de la photographie

Mél : sylvie.aubenas@bnf.fr

 

4. Fonds du collectif du Bar Floréal

C’est en 2015 que les archives du collectif du Bar Floréal, regroupant quelques 15 000 documents (près de 10 000 tirages et diapositives, une centaine de livres, d’affiches, de notes, etc.) ont intégré la collection du département des Estampes et de la Photographie. Le Bar Floréal est le premier collectif d’artistes réunissant photographes et graphistes à avoir été créé au début des années 80 en France. Il sera suivi ensuite par Tendance Floue, entre autres. Actif depuis 1985 et fermé en 2015 suite à une liquidation judiciaire, le Bar Floréal présentait au fil d’expositions et de publications les projets de ses membres désireux de faire de l’action sociale en utilisant la photographie comme un moyen de dialogue. L’engagement citoyen au fondement même de l’éthique artistique du Bar Floréal les a conduit à travailler autour de thématiques diverses telles que la modification du territoire, l’insertion des exclus, les foyers d’immigrés.

Ces travaux militants ont souvent été accompagnés d’atelier et de pratiques de restitution au plus près des populations photographiées.

Exposés au Carré Baudoin à l’été 2016 sous le titre « Un soir, j’ai assis la beauté sur mes genoux », les tirages produits durant les trente ans d’activité du Bar Floréal soulignaient les enjeux inhérents à une production où le regard collégial, traduisant l’urgence et la violence sociale mais aussi la douceur et la poésie du monde salvatrices, a permis de maintenir le juste équilibre entre une attitude purement documentaire et le reportage engagé.

Pistes de recherche : la recherche devrait permettre d’établir un recensement des tirages photographiques et de mettre en perspective ce fonds avec d’autres conservés dans nos collections en étudiant les points de similitudes et de divergences inhérents à la production et à la diffusion de tels travaux.

Contact : Sylvie Aubenas, directrice du Département des Estampes et de la photographie

Mél : sylvie.aubenas@bnf.fr

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